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Le thème des "substances psychédéliques" a déjà été abordé de manière généraliste, historique et aussi sous un premier angle de confrontation avec les sciences dures dans trois de mes précédents articles que je conseille de lire si besoin et qui sont notifiés en rappel en fin de cet article en notes (1), (2) et (3). Certains éléments importants ou incontournables seront plus précisément évoqués dans ce présent article concernant plus spécifiquement ce que l’on appelle de nos jours la "Retraite Psychédélique" avec une actualité assez fertile pour que l’on puisse en rédiger deux parties distinctes et complémentaires : celle-ci pour expliquer ce que sont les retraites psychédéliques (leurs typologies et actions génériques), et une seconde partie à venir pour entrer plus en avant sur les très étroits liens entre thérapie et spiritualité. Ce petit avant-propos permet de s’y retrouver et de lire (ou de relire) les bases déjà bien explicitées auparavant sur ce très large thème des psychédéliques ainsi que de leurs implications. Il s’agit donc d’entrevoir notre rapport à la réalité différemment via ces psychédéliques, ceci sur plusieurs niveaux, à la fois hétéroclites en apparence et pourtant si intégralement universels ou subtilement entremêlés avec les outils intellectuels et pratiques ainsi exposés. Notons enfin qu’il n’y a aucun prosélytisme, aucune propagande ou incitation quelconque à user de psychédéliques, juste en expliciter ce que les sciences, les traditions et les penseurs ou les praticiens nous en dévoilent comme expériences documentées ou expérimentations certifiées : cf. note (4).
La retraite psychédélique par définition pourrait s’apparenter à une sorte de "cure" durant laquelle une "thérapie bien particulière" serait entreprise par des "professionnels" usant de "substances psychédéliques". Tout dans cette définition basique doit être approfondi clairement et distinctement. Est-ce vraiment une cure ? Oui et non. Oui, dans le sens où certaines personnes participeront à une retraite psychédélique dans un but exclusif de soins (et nous verrons alors lesquels). Non, dans un sens très différent où d’autres personnes n’auront comme but principal ou essentiel que d’aller au-delà d’une limite spirituelle personnelle à des fins de connaissance plus approfondie de soi et d’une recherche de vérité plus "transcendantale" ou initiatique (nous verrons aussi ce que tout cela signifie). Par des "professionnels" : de qui parle-t-on ? Il n’y en aura strictement que de deux types : des professionnels de soin, thérapeutes, médecins, psychologues ou psychiatres, ou bien des professionnels connaissant les cérémonies traditionnelles et l’utilisation rituelle des substances psychédéliques, par conséquent ici presque exclusivement des chamans, qu’ils soient de souche tribale ou occidentale, initiés aux coutumes tribales ancestrales. Dans tous les cas à aucun moment le patient ne sera livré seul à lui-même, au contraire il sera entouré, guidé et aidé dans sa démarche initiale, ceci à tout moment, du début à la fin de séance, et même en suivi plusieurs jours après si besoin.
En termes de "thérapie bien particulière" il faudra évidemment comprendre qu’au vu des substances utilisées, lesquelles existent sous de très différentes formes et formules chimiques, il y aura aussi des orientations différentes, des buts recherchés et de stricts protocoles à suivre en fonction justement de ces types de substances n’ayant pas toutes ni les mêmes effets ni les mêmes buts. En rappel rapide de ces substances (si vous n’avez pas lu les articles précédents), voici les principales qui sont utilisées : la psilocybine (issue d’un champignon hallucinogène), l’ayahuasca (la DMT, la diméthyltryptamine issue d’une liane d’Amazonie), l’iboga (l’ibogaïne issue d’une racine africaine), la mescaline (issue du Peyotl, petit cactus mexicain), viennent ensuite des substances pouvant être synthétisées : la MDMA (amphétamine méthylsafrylamine) et le LSD (acide lysergique diéthylamide, issu initialement de l’ergo de seigle) et la kétamine ("amine dissociative").
Au-delà des substances notifiées précédemment, chacune d’entre-elles dispose de propriétés chimiques psychédéliques spécifiques ayant des objectifs différents, soit en termes de soins, soit en terme de ce que l’on appelle couramment le "trip", c’est-à-dire "voyage", entendre ici qu’il s’agit d’un voyage vers une autre réalité que chacun pourra expérimenter de manières extrêmement personnelles et très différentes, allant du "bad trip" infernal au "good trip" paradisiaque digne du Nirvana, en passant par des voyages symboliques, initiatiques, extatiques, etc. Parfois aucune terminologie approchante ne pourra exprimer l’essentialité du voyage ressenti ou vécu. Dans un autre ordre d’idées mais dans un but plus thérapeutique et moins extatique, la médecine s’intéresse depuis de nombreuses années à ces substances psychédéliques appelées plutôt drogues psychotropes. Elle en a expérimenté les principes actifs à des fins de soins, notamment psychiatriques, concernant ces affections : l’anxiété, les troubles obsessionnels compulsifs (toc), les douleurs neuromusculaires, le stress post-traumatique, la toxicomanie, l’alcoolisme, la dépression, la peur de la mort, etc.
Autant dire que la "Psychothérapie Assistée par Psychédélique" (PAP) est en plein essor actuellement et apporte des solutions très encourageantes, d’autant plus que la plupart des substances psychédéliques s’avèrent ne pas avoir d’effets secondaires ou très peu, ainsi qu’une non-accoutumance pour la grande majorité d’entre-elles, contrairement aux substances pharmaceutiques habituelles (médicaments psychoactifs) dont l’utilisation intensive et répétée peut entrainer des troubles secondaires plus ou moins durables (perte de sommeil, perte de mémoire, perte cognitive, etc.).
Attention néanmoins, non pas de certains risques qui existent bel et bien si l’on ne suit pas de stricts protocoles avec les psychédéliques, mais en ce qui concerne la législation de certains pays, dont la France, qui classe les substances psychédéliques comme des drogues dures totalement illégales et passibles de lourdes sanctions dont je ne ferai pas la liste… Sachons qu’en Europe d’autres pays plus ouverts ont légalisé l’utilisation des psychédéliques s’ils sont bien encadrés ou effectués dans une perspective médicale éprouvée. Citons ces pays en particulier : les Pays-Bas, la Suisse, l’Espagne et le Portugal, ajoutons depuis peu, au 1er janvier 2026, la République Tchèque. Dans des pays plus lointains comme au Pérou, au Brésil, en Australie, au Canada ou dans certains états des USA, les thérapies psychédéliques sont acceptées sous conditions strictes et pour des types de substances spécifiques (MDMA, Psilocybine, LSD), de même pour les retraites psychédéliques si celles-ci sont encadrées par des professionnels habilités.
Enfin, dernier volet et non des moindres, la retraite psychédélique à but spirituel : la recherche d’une réalité autre, d’un soi-même inconnu, parfois aussi d’un contact avec des dimensions supérieures et des entités qui les peuplent… Sans entrer aujourd’hui dans les détails passionnants concernant cette perspective d’ouverture d’esprit via les psychédéliques "enthéogènes" (traduction littérale : "qui fait naître le divin à l’intérieur de soi"), nous verrons dans la "partie 2" à venir les protocoles à opérer (le "set and setting" : État mental et environnement physique et social), la durée des effets induits, les divers risques potentiellement rencontrés et conseils à suivre, la "dilution de l’Ego", les "états modifiés de conscience" (EMC), les voyages transdimensionnels et transgénérationnels, l’approche en parallèle avec les EMI (Expérience de mort imminente), des trips "endogènes" (associés aux substances à l’intérieur du cerveau). Nous parlerons des découvreurs, à la fois initiateurs et expérimentateurs célèbres : Terrence McKenna, Jeremy Narby, Aldous Huxley, Albert Hoffmann, et bien d’autres choses intéressantes sur cet aspect plus spirituel ou chamanique, sans oublier les sciences et la médecine.
Et comme le disait si bien Gordon Wasson (botaniste mycologue, découvreur de la Psilocybine) : "ceux qui parlent de psychédéliques mais n’en ont jamais pris sont discrédités par leur inexpérience, et ceux qui parlent de psychédéliques parce qu’ils en ont pris sont parfois discrédités à cause de leur expérience".
Jean-Pascal BRUNO, sorcier chaman professionnel
Note (1) article / juin 2024 : Les psychédéliques dans les rituels chamaniques
Note (2) article / mars 2025 : Le chamanisme et les psychédéliques (partie 1/2)
Note (3) article / avril 2025 : Le chamanisme et les psychédéliques (partie 2/2)
Note (4) livre de référence d’Olivier Chambon, psychiatre : "La médecine psychédélique - Le pouvoir thérapeutique des hallucinogènes" - Éditions "Les Arènes"
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